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Oncle Lester

Living for the Roll: Dance Laury Dance à L’Esco.

Claudia Boutin
6 juin 2010

« Rock and roll is a lifestyle and a way of thinking, and it’s not about money and popularity…although some money would be nice. But it’s a voice that says : here I am and fuck you if you can’t understand me. And one of these people is gonna save the world, and that means that rock and roll can save the world, all of us, together. And the chicks are great. »

Peut-être vous souviendrez-vous de cette tirade dans Almost Famous, film semi-autobiographique réalisé par Cameron Crowe; dans cette scène, le journaliste en herbe Will interview Jeff Bebe, un personnage plus grand que nature interprété par l’excellent Jason Lee. Allez savoir pourquoi, mais cet extrait m’est tout de suite venu à l’esprit lorsque j’ai vu pour la première fois Dance Laury Dance en show, il y a de cela quelques semaines, à Tofino au BC.  Le groupe de Montréal et de Québec se produisait au Maquinna, probablement le seul bar à plusieurs kilomètres à la ronde; même les mélomanes de Ucluelet, une petite ville à environ quarante-cinq minutes en voiture, s’y rendent pour voir ce qui se fait dans le circuit indépendant. Dès les premières notes et les étirements du chanteur tout de cuir vêtu, un sourire est apparu sur mes lèvres…et ce serait vous mentir  de prétendre qu’à cet instant, je ne me suis pas dis: « Booooon, sex-drug-and-rock-and-roll encore une fois »… La moue sceptique  n’a pas pris de temps à disparaître et les propos snobinards sont restés sur le bord d’une table de billard quand le plaisir est devenu trop évident pour rester immobile dans un coin, à téter une autre bière canadienne-anglaise. Et c’est ce que tout le monde a fait ce soir-là, comme des petits aimants qui ne peuvent se séparer d’un réfrigérateur bien garni. Et l’histoire s’est répétée hier soir, à L’Esco.

Certains aimeront  Dance Laury Dance pour les mêmes raisons que d’autres les détesterons: le look rock-de-cuir et chandail de loup, avec souliers agencés; le chant guttural accompagné de riffs graisseux et puissants;  les références sexuelles et t-shirts à l’effigie d’une effeuilleuse. J’ai d’ailleurs eu droit à tout un exposé contre la misogynie de tels symboles, donné par un gentleman fraîchement arrivé, dont la copine était sur la terrasse alors que lui m’expliquait le purisme punk de Johnny Rotten et ses annonces de beurre…

À mon humble avis (et il est loin d’être membre au temple de la renommée bloguiste), ce serait de se priver d’un réel plaisir que de s’arrêter à cela avec Dance Laury Dance et de s’arrêter à la notion poreuse du genre musical. Est-ce que le rock du groupe sauvera le monde ? À moins qu’une élite de super-héros rockeurs se forme dans la région, je ne crois pas. Est-ce que c’est ce que le groupe tente d’accomplir ? Non, pas du tout. Mais ils possèdent cette philosophie et ce lifestyle auquel le personnage de Jeff fait référence dans Almost Famous : Living for the Roll. Oui, « the chicks are great» aux concerts de DLD, mais il y a de la place pour tout le monde (headbangers, fins analystes, néophytes) tant et aussi longtemps que vous acceptiez d’entrer dans la valse avec un groupe qui, visiblement, ne sont pas des bouffons au sens péjoratif du terme. Vous visionnerez la fin du film de Crowe, quand ce même Jeff frappe un mur à l’entente de ses paroles précédentes, rapportées par Will et publiées dans le Rolling Stone Magazine

Si L’Esco n’était pas toujours le lieu idéal pour les musiciens (fils détruits, pédales aspergées de bière), il n’en reste pas moins que l’espace offert se prêtait exceptionnellement bien à l’énergie du groupe, à son désir d’interagir avec la foule,  de lui prêter le micro, de la regarder s’éclater dans un mosh pit. Au risque de verser dans la dithyrambe (et vous me corrigerez là-dessus), la prestation d’hier de Dance Laury Dance, comme le feront sans doute celles sur les Plaines et dans le cadre du Festival d’été de Québec, rafraîchit. Des anecdotes de cobras masturbateur ? Un concours de pantalons de cuir suants ? Des reprises de AC/DC et Megadeth, et une chanson sur les belles de Montréal ou les vampires féminins ? Pourquoi pas.

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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