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Oncle Lester

Voir rouge au Divan Orange: The Demon’s Claws et Golden Triangle.

Claudia Boutin
6 juin 2010

Cet article vous est déconseillé si :

1. Une liste non-exhaustive des chansons jouées en concert vous horripile.

2. Votre idéal côté portraits de musiciens se nomme Annie Leibovitz.

3. Les élans émotionnels vous puent au nez.

Parce qu’entre les trois couches de peinture réalisées dans mon appartement humide et la bière coulant à flots dans mon gorgoton, j’ai manqué quelques bouts du show des Demon’s Claws et de Golden Triangle au Divan Orange, vendredi dernier. Un buzz assez particulier, merci. Tranche de vie terminée: voici quelques petites bubulles punk-rock qui font pop ! dans ma mémoire achronologique…

Mention honorable pour le son chez les Demon’s, une denrée plutôt rare durant leurs prestations live ces derniers temps. Clair, puissant, efficace, autant pour les moments country que pour les touches plus déjantées; ça en valait pleinement l’attente. Je suis persuadée que les cyclistes du Tour de l’île édition nocturne ont pu, eux aussi, entendre le  rot du chanteur dans son ravissant micro.

Satan’s Little Pet Pig a tourné dans mon stéréo de façon massive durant la semaine (un coup de pinceau par-ci, 1,000 Rounds par-là, et un coup de rouleau hop !, Get Together joue une cinquième fois), et je m’attendais à ce que les pièces fortes de l’album soient jouées cette fois-ci, qu’il y ait une explosion à la Stooges. Petite déception, mais qui a mené à une épiphanie certaine.

Si vous avez lu la Bible de votre mamie ou celle qui était dans un de vos tiroirs de motel, les mots suivants vous sonneront sans doute une cloche : voir la paille dans l’oeil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien. Dans un version moins antique, on pourrait reformuler de la façon suivante: voir la paille dans l’oeil du voisin et ne pas voir le bâton dans nos fesses. « Qui suis-je pour quémander de l’attitude quand mes steppettes de spectatrice se résument à un bon vieux « shakage » de la jambe droite ! », me suis-je dis.  Et c’est là que la beauté des Demon’s Claws a flori (!) devant mes yeux: ce sont de sacrés rassembleurs qui, avec peu de moyens, font preuve d’une énergie contagieuse, qu’on ait ou pas entendu « sa toune « .  Alors, nota bene pour les grands parleurs, petits faiseurs dont je fais partie à l’occasion : turn on, tune in, drop out

Le niveau d’énergie s’est très bien maintenu avec Golden Triangle, un groupe qui possède un sens du crescendo indéniable. À peine quelques notes de la pièce Cinco de Mayo, d’abord au ralenti puis shootée à l’adrénaline, et le tout s’est enclenché. Même si l’album Double Jointer est parfois redondant, son rendement en concert est entraînant, surtout grâce aux deux chanteuses du groupe. Imaginez les Shangri-Las qui rencontrent des serpents à sonnettes;  jamais je n’aurais pu penser qu’on pouvait rocker des tambourins de cette façon. Seul bémol: là où les Demon’s Claws étaient nickel au niveau du son, l’effet « trop d’écho dans le micro » semblait jouer sérieusement avec les nerfs de Golden Triangle…ou serait-ce moi et mon bâton sensible à la distorsion ?

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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