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Oncle Lester

Un humble fa-la-la-la-la.

Claudia Boutin
12 août 2010

À l’image de mon collègue ultra absorbant, je déborde du cadre de la culture émergente et riche dont nous sommes témoins afin de partager un bout de chemin avec vous. Non, je ne vous vois pas comme étant des lecteurs de journaux intimes, mais plutôt comme des être qui peuvent comprendre un élan de joie naïf, peu importe sa durée ou sa cause. Parce qu’un moment de plénitude vaut bien des minutes de chignage et de sourires rabougris.

Hier, c’était une de ces journées belle et chaude, qui enivre, fait trottiner les souliers sur le trottoir; si j’avais pu tendre mon doigt et laisser un oiseau s’y percher, comme dans Blanche-Neige et de ce fait siffler en allant travailler, Disney lui-même se serait décryogénisé pour chanter des airs de comédie musicale. L’emploi de mes deux aliénant au cube, les affiches de navets américains qui placardent les murs de ruelles, les comptes d’électricité et de téléphone gonflés à bloc: ni le trivial, ni le capital ne peut entacher un court instant de paix intérieure. Parce que sous le bras, il y a un livre fraîchement terminé et un autre qui n’attend que d’être entamé; les oreilles sont bercées par la meilleure sélection musicale; l’eau du robinet goûte bon avec quelques bleuets locaux, flottant au-dessus de la gourde. Sur Maisonneuve, mes pieds mignons endoloris par la chaleur ont trouvé refuge sous les jets d’un arrosoir de la Ville, aspergeant pour la quarantième minute un cube de gazon vert émeraude. Saviez-vous que lorsqu’on bloque un des petits trous de ces machins, celui à l’opposé projette un jet nettement plus puissant sur quiconque s’aventure tout près ? Le projectile a atteint une cible : un chien chien à la robe fournie. Merci, qu’il m’a aboyé. Banal, oui. Amusant ? Bien sûr.

Ses péripéties ô combien romanesques ont eu lieu dans un espace-temps bien concis, mais dont ils ont  débordé aujourd’hui, à  mon réveil. Ce matin, CISM présentait une édition spéciale des Gynocrates attaquent !!! en l’honneur d’une de ses collaboratrices, Fabbie Barthelemy. Réalisée dans des circonstances bien sombres, l’émission réunissait les amis et collaborateurs de cette pétillante animatrice. Tous étaient encore sous le choc de la nouvelle, mais ont néanmoins réussi à créer un dernier hommage articulé tout en étant honnêtes, humbles; des tremblements dans la voix, des pleurs aspirés, des bégaiements, ça fait partie de la vie et malgré tout, ce que j’ai retenu de cette heure et demie d’écoute m’a réconforté. Parce que tout ce qui peut paraître banal, anodin ou ce qui est pris pour acquis est tout ce dont on a réellement besoin. Les proches de Fabbie ont parlé du nom choisi pour le projet de Donzelle (Lil Bling), ont mentionné sa fascination pour les projets borderline horribles de la scène théâtrale, et ont souligné une naïveté côtoyant une force titanesque.

Tout cela fait que ce matin, après un bon café, je les trouve extraordinaires mes petits espaces-temps de plénitude.

***

Qu’est-ce qui jouait dans mon ÉPaud, entre 15h et 17h ?

- M. Ward, Hold Time (Never Had Nobody Like You et Rave On)

- Jolie Jumper, Ce que tu fais.

- Colin Meloy Sings Morrissey (Sister I’m A Poet, tout une reprise !)

- Jimi Hendrix, Electric Ladyland (Long Hot Summer Night)

- Basia Bulat, Heart Of My Own (Go On et Sparrow)

L’émission des Gynocrates attaquent !!! est disponible en podcast ici.

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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