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Oncle Lester

En octobre, couvre-toi lorsque tu n’es pas sobre.

Claudia Boutin
5 octobre 2010

Ce n’est pas seulement en avril qu’il ne faut pas se découvrir d’un fil. Faute d’avoir dormi les fesses à l’air, j’ai vécu Pop Montréal en bas résilles ou chaussée de godasses en toile. Résultat: un pif rougeoyant des plus clownesque, qui empêche le sommeil d’atteindre mon cerveau congestionné. Solution d’insomniaque grippée: parcourir le tout et le rien des derniers jours.

Ironie première, c’est quelques jours après la sortie de The Social Network que je décide de faire une pause côté réseaux sociaux. Appelez-moi la Joaquin Phoenix du 2.0. pour un mois, question de trouver la barbe appropriée et que je m’exerce à mâcher gomme balloune et mots simultanément. D’ici là, il y a toujours la possibilité de visionner I’m Still Here, un documentaire signé Casey Affleck ayant eu pour mission de capter sur film la décadence de Phoenix durant la dernière année. Après le tournage de Two Lovers de James Gray, l’acteur primé aux Oscars (Walk The Line, 2005), annonçait sa retraite de l’univers hollywoodien afin d’entamer une carrière dans le monde du hip hop. En moins de deux, plus de Johnny Cash séduisant, mais bien un mc à la crinière et au flow douteux. Après son passage remarqué à David Letterman, j’ai trouvé le tout difficile à avaler, autant du côté humiliation personnelle que du côté crédibilité…le rire jaune des académiciens à la cérémonie des Oscars 2009 (en fait, ce n’était pas jaune du tout, mais bien senti, bande de salauds), quand Ben Stiller s’est lancé dans une personnification de J.P. a fait retentir un «pout pout ding ding» par chez nous. Si bien que j’hésite encore, deux semaines après sa sortie, à acheter mon billet pour I’m Still Here (titre qui fait bizarrement écho au I’m Not There de Todd Haynes sur Bob Dylan): devrais-je entarter l’écran à la fin ou applaudir à tout rompre ? Manon Dumais présentait le dilemme avec tact dans son billet sur le film: «L’entreprise, pour le moins audacieuse, sera-t-elle le suicide artistique ou le retour raté d’un acteur de talent ayant perdu un an de sa vie comme le suggère le sous-titre…Joaquin Phoenix, qui ne sort jamais de son personnage en chute libre, pas même sur les tapis rouges, serait-il le plus grand method actor de tous les temps? Une chose est sûre, une nomination aux Oscars serait tout à fait justifiée». N’est pas Tony Clifton qui veut…

Pour continuer dans la veine des potins filmiques/musicaux, vous irez faire un tour du côté du NME version web. Le célèbre magazine britannique se prête à un exercice ô combien polémique : non seulement dresse-t-on une liste des cent albums les plus marquants de la décennie, mais on retrouve également un palmarès de ses meilleures chansons (au nombre de cent singles/tunes/tracks, etc). Bien foutu, le top du NME est construit de façon à ce que chaque entrée contienne une description sommaire de sa valeur créative, le tout accompagné d’une capsule vidéo. Incohérence, il y a sans aucun doute quand Toxic de Britney Spears (no. 47)  devance 99 Problems de Jay-Z (49), Chemtrails de Beck (89), même Back to Black d’Amy Winehouse (61) ou The Libertines (53), LE groupe symptômatique du postmodernisme à la british. Que l’on trouve l’exercice complètement inutile ou fascinant, il y a lieu à la discussion enflammée avec cette chose qu’est une liste. Côté critères, le NME ne se sert pas de l’appelation «Best Tracks», mais bien du titre «100 Tracks of the Decade»…mais encore ? Historiquement parlant, I Bet You Look Good On The Dancefloor des Artic Monkeys (28) marque l’arrivée de MySpace dans la promotion des groupes D.I.Y.; mais est-elle plus valable ou simplement meilleure que l’épique Atlas de Battles (44), qui échantillonne Le Magicien d’Oz (le MAGICIEN D’OZ !), ou Sex On Fire des Kings of Leon (82), un groupe dont les mélodies furent encensées par la presse britannique  bien avant que le choc ne retentisse en terre américaine ? Le roi (ou la reine…) trônant au sommet de cette étude est à lui-seul un sujet à creuser…avec une bière froide et une pile de disques aux dimensions hymalayiennes.

À suivre demain soir, même heure, quand le sirop n’aura pas fait effet et que mes pensées seront tout autant embrouillées par le menthol.

N.B. Ça s’en vient, ce fameux temps de l’année où cadeaux et charbons se distribuent dans les médias…

2 commentaires
  • Etienne Dubuc
    5 octobre 2010

    NME vit à partir de ces listes toujours un peu louche, c’est des experts là-dedans.

  • [...] billet fait suite au poétique En octobre, couvre-toi lorsque tu n’es pas sobre, slogan si efficace qu’il vient d’être acheté par une compagnie pharmaceutique, et [...]

Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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