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Oncle Lester

Montée de lait d’une insomniaque mentholée

Claudia Boutin
8 octobre 2010

(Ce billet fait suite au poétique En octobre, couvre-toi lorsque tu n’es pas sobre, slogan si efficace qu’il vient d’être acheté par une compagnie pharmaceutique, et transposé en carte de souhait de prompt rétablissement dans un PJC près de chez vous.)

Une autre nuit passée avec mon amant le grog gin-citron-miel-eau chaude, à popper des pastilles qui engourdissent la cavité bucale en entier. Peu de sommeil, MAIS beaucoup de temps à tuer sur le site de Bang Bang (c’est ce qu’on appelle un mal pour un bien). Grâce aux collègues blogueuses et blogueurs toujours à l’affût, j’ai pu explorer les programmations des divers festivals et autres célébrations en cours. Résultat: un calendrier rempli de petits coeurs en octobre et novembre. Une mi-session, c’est quoi ça ?

Je suis également retournée zyeuter dans le coin de L’abominable homme des cons, la plume de Simon Jodoin étant une de mes favorites quand vient le temps de sortir de ma bulle cinétique. Aussi vous conseillerais-je (Molière, sors de ce corps !) de (re)lire le billet savamment intitulé L’état de la chanson francophone au Québec : Je dis bullshit madame, dont la pertinence est on ne peut plus évidente en ces temps de rentrée culturelle automnale. Surtout quand l’auteur se pose la question suivante:

«Si la chanson francophone au Québec est en danger, je me demande bien où…»

Peut-être dans notre bouche, nos mots, les métaphores utilisées pour la décrire. Quand on en parle comme étant une faune ou une flore, ça implique qu’il y a des types de spécimens, des espèces en danger qu’il ne faudrait pas cueillir par soucis de préserver la biodiversité. Assez contradictoire, non ?  Mettre le pied dans un talus franco, c’est comme s’aventurer dans cette section marginale du grand F chez le disquaire, véritable herbier musical. Oui, j’ai eu un relent de psychose hier après-midi et pense maintenant à fonder un département universitaire uniquement consacré aux gender studies en musique.

Mon oeil clignotte ce matin non pas parce que le double espresso a atteint son plein effet, mais parce que j’en ai ras-le-bol de cette catégorisation de la musique francophone comme étant un genre musical. Certains diront «je n’aime pas vraiment le franco» comme d’autres s’exclameront qu’ils détestent le hip-hop  ou le punk rock. Quel beau syndrome de la synecdoque mal utilisée ! En l’emballant dans une telle boîte, il devient facile de l’empiler parmi tant d’autres, au fond d’un placard en attendant une prochaine apogée où un ultime sauveur viendra foudroyer nos oreilles. On attend un messie comme on peut attendre un autobus: cargué dans notre chaise, à espérer que le prochain soit plus spacieux, plus aéré, sans odeur de sueur d’été ou de bottes d’hiver toutes slushées.

Alors…

«Si la chanson francophone au Québec est en danger, je me demande bien où…»

Je vous suggère un petit coup de rince-bouche*. Trente secondes minimum. Ensuite, à ceuzes et celles qui vous parle de la chanson avec un grand F comme étant l’équivalent du thon rouge ou du tigre de l’Amour, une belle tape sur l’épaule, quelques dollars en poche et hop ! dehors le pas-sorteux. Le Quai des Brumes fête ses vingt-cinq ans et le Coup de coeur francophone battra son plein dans pas très long.

*De l’eau salée, ça fait également l’affaire, pour moins cher.

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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