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Oncle Lester

Louve hurlante en chasse au FNC.

Claudia Boutin
13 octobre 2010

Vous avez la curiosité d’un petit chaperon rouge, mais êtes perdu au milieu d’une programmation dense et sauvage ? Le cinéphile en vous a l’eau à la bouche, telle mère-grand qui attend les confitures et les galettes…mais vous avez aussi l’équivalent de sa pension de retraite comme budget ? Laissez de côté ces craintes enfantines, mordez dans le FNC avec vos crocs aiguisés et un «wahooouuu !» (cri de loup, quelqu’un ?) retentissant devrait intimider toute anicroche. Voici un petit guide de survie pour les prochains jours, question de ne pas paniquer ou de ne pas vendre vos trésors personnels, comme une bonne amie à moi l’a fait (Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, Bibliothèque de La Pléiade, excellent état, poussière comprise…des preneurs ?)

Encore une fois, notre fabuleuse société de transport public, grande gagnante à l’assemblée annuelle de l’APTA et superman des autobus aux dix minutes, s’implique dans la promotion de la culture cinéphilique. La carte opus vous permet d’obtenir un 2 pour 1 pour les films projetés à l’Impérial; c’est applicable du lundi au vendredi, sauf pour les grandes soirées où on doit porter ses plus beaux bijoux. Membres d’Allo-Stop et détenteurs de la carte Accès Montréal, vous n’êtes pas en reste; le site web vous réserve des deals assez intéressants.

Assez parler d’économie. C’est le temps du wahooouuu !

Hisss, second long-métrage de Jennifer Lynch (la junior du beau Dâvid), ne sera pas présenté; des problèmes de copies, paraît-il. Serpent ou pas serpent lynchien, la section Temps Zéro demeure un incontournable au sein de la programmation, et pas juste pour les férus de Fantasia. Le Japon et la Thaïlande sont bien sûr dominants; Hideo Nakata (Ringu, Kaidan), toutefois, y présente son Chatroom réalisé et produit au Royaume-Uni. Mais l’Allemagne débarque avec ses zombies berlinois (Rammbock, de Marvin Kren) et un documentaire sur Lynch Senior (une coproduction suisse-autrichienne-allemande); l’Hexagone y est représenté entre autres par Gaspard Noé, dont le Enter The Void devrait être un des moments clés du Festival; Raavanan, saga réalisée par Mani Ratman, promet de mettre sans dessus sans dessous l’univers du Bollywood.  Mention du pouce en l’air pour la place réservée au Québec : côté images, Territoires, d’Olivier Abbou, une coproduction Québec-France choc tournée entièrement à Montréal; ainsi qu’un court métrage de Jonathan Caouette, mettant en scène «Chloé Sévigny et un maléfique signal télé qui rend esclave les enfants et les jeunes femmes et modifie leur comportement.» Vivement l’horreur made-in-chez-nous qui, malheureusement, voit ses créateurs menacés d’être crissés au trou…

De mon côté, petit carnet noir obligeant (entendre ici: agenda universitaire), mes rendez-vous cinématographiques se résumeront à quelques séances, malheureusement. Un bref aperçu:

- Meat, de Victor Nieuwenhuijs. Il n’y a pas que Turkish Delight et Anton Corbijn qui forment le corpus cinématographique des Pays-Bas. Le film du réalisateur néerlandais se déroule dans une boucherie où désirs sexuels et fantasmes carnivores se rencontrent. Les 14 et 15 octobre au cinéma du Quartier Latin.

- Balada Triste (The Last Circus), d’Alex de la Iglesia. Le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, magnifique certes, semble bien sucré à côté de cette oeuvre espagnole lé-gè-re-ment éclatée: se déroulant durant les années 1930, Balada présente une horde de clowns à la machette bien aiguisée, combattant l’ennemi fasciste. Les freaks de Tod Browning, à la sauce conquistador horrifiante. Les 14 et 17 octobre, au cinéma du Quartier latin.

- La Casa Muda, de Gustavo Hernandez. En première nord-américaine, le film uruguayen reprend le topo de la maison abandonnée servant de refuge à une famille égarée. Un plan séquence de 79 minutes, coupes à la Hitchcock incluses. Les 18 et 20 octobre, au…cinéma du Quartier Latin.

- Komeda, Soundtrack For A Life, de Claudia Buthenhoff-Duffy. Un documentaire retraçant le parcours du compositeur polonais, ayant travaillé, notamment, aux côtés de Polanski durant le tournage de ses courts-métrages en terre européenne. Mon statut de polanskienne aride transparaît ici , car visionner des extraits de ces oeuvres est en soi une occasion en or, impossible à manquer. Les 21 et 24 octobre, au cinéma Parallèle, complexe Ex-Centris.

- The Sentimental Engine Slayer, d’Omar Rodriguez-Lopez. La première aventure cinématographique de l’excentrique musicien sera-t-elle aussi pétaradante que les mélodies d’At the drive-in et The Mars Volta ? On nous promet un regard latino-américain sur la culture actuelle assez psychotique. Le 22 octobre à la salle Fellini du complexe Ex-Centris, et le 23 octobre à la Cinémathèque québécoise.

- L’illusionniste, de Sylvain Chomet. Il est inutile de m’aventurer dans des descriptions supra-enthousiastes; ceci devrait suffire à convaincre les adhérants au monde de Belleville : «Dans l’atmosphère rétro de la fin des années 50, un lapin blanc carnivore, un clown alcoolique et un vieux magicien se rendent au crépuscule de l’âge d’or du music-hall. Les tours de magie de Tatischeff ne font plus recette dans les cabarets feutrés de Paris et le coeur de Londres ne bat plus que pour le rock. Flop sur flop, l’illusionniste finit par se réfugier dans un petit pub écossais. Il va y rencontrer une autre solitude, Alice, à qui il offrira souliers rouges, protection et petits bonheurs.» (merci Géraldine Pompon du FNC).

Ruez-vous, malheureux louveteaux !

***

En collaboration avec le FNC, CISM 89,3 fm vous présente un concours complètement dément. Si je vous dis Festival de Cannes, accès au monde du Festival du Nouveau Cinéma en 2011 et écriture d’une critique…ça vous allume ? Rendez-vous ici pour plus de détails.

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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