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Oncle Lester

Les Patates Dorées 2010: toute une fournée !

Claudia Boutin
15 décembre 2010

Le mot d’ordre en cette année 2010 pour Oncle Lester: l’articulation. Celles des genoux qui ont flanché, celle de la mâchoire qui a craqué, celle de la plume qui a ramé…et qui rame toujours. Pour souligner cette fin d’année côté sorties musicales, quoi de mieux que de créer ses propres prix ! Les GAMIQ ont eu leur panda; je choisis donc ma fidèle compagne comme effigie : j’ai nommé la patate. Moins emmerdante qu’un pouce dans les airs et plus versatile qu’une étoile, la patate accompagne aussi bien les bonnes pièces de viande que les bouillis réconfortants; bien apprêtée, elle peut également être servie en plat principal et nourrir pendant plusieurs mois le plus gourmand des musicophiles.

Nota bene: Certaines entrées ont des commentaires supplémentaires non pas parce qu’elles le méritent plus, mais parce qu’envie de bonifier il y avait. Ma patate et moi vous remercions d’être un lecteur curieux, et n’oubliez pas : la modération a bien meilleur goût quand l’envie d’être exhaustif se pointe.

Alexandre Désilets. La garde (Maisonnette).

Artistes variés. Blakroc (Indépendant) : Quand Mos Def, Jim Jones et Q-Tip sont devant le micro et que les Black Keys sont derrière la console…

Artistes variés. Daptone Gold (Daptone) : pour entendre Mizz Jones et le Budos Band, mais aussi des pièces des Dap-Kings. Un incontournable pour les fans de soul et de funk.

Artistes variés. Gainsbourg, vie héroïque (Polydor): Je bois/Intoxicated Man, un doux pastis avec Philippe Katerine en Boris Vian.

Bk-One with Benzilla. Radio do canibal (Rhymesayers): Quentin Tarantino s’en va au Brésil.

The Black Keys. Brothers (Nonesuch): Hendrix, une swamp et du gospel.

Clutchy Hopkins. The Storyteller (Ubiquity): DJ Shadow ? Cut Chemist ? Mad Lib ? Un conte de fées complètement dément qui n’a aucunement besoin d’un narrateur désigné.

Erykah Badu. New Amerykah-Part Two: Return of the Ankh (Universal Motown): la version numérique contient en prime la collaboration de Mizz Badu avec Lil Wayne, Jump Up in the Air and  Stay There (quel vidéo !). Pour les passionnés, Waxpoetics lui a accordé une excellente entrevue dans son numéro R&B (42).

Ève Cournoyer. Tempête (Indépendant).

Flying Lotus. Cosmogramma (Warp).

Ghostkeeper. Ghostkeeper (Flemish Eye): en nomination pour le prix Polaris 2010. En provenance de Calgary, du folk/country pas piqué des vers.

Gigi French. Cannelle (Indépendant): si Janis Joplin avait participé aux Triplettes de Belleville.

Gil Scott-Heron. I’m New Here (XL): le Bob Dylan afro-américain ? Vraiment ? Référez-vous (encore une fois) au magazine Waxpoetics pour un entretien avec ce monument du hip-hop/spoken word. Activiste et anti-conformiste, comme sa poésie.

Gonjasufi. A Sufi and a Killer (Warp): voir le commentaire sur Clutchy Hopkins. Ici, le narrateur a certes une voix, mais est-ce celle d’un prof de yoga ? Ancestors est une bonne chanson pour démarrer l’aventure.

Gorillaz. Plastic Beach (EMI): Damon Albarn, Paul Simonon, Bobby Womack dans un même cartoon ?

Grasscut. 1 Inch: 1/2 Mile (Ninja Tune): un album qui s’est glissé au milieu d’une pile, tel un cheveu sur la soupe. Hybride étonnant, entre musique électro et classique, additionné d’archives sonores historiques (voir/écouter 1946)

The Hellbound Hepcats. The Hellbound Hepcats (Stomp): pour les pas-sorteux qui vous disent que le rock and roll est mort. Le grand cru de chez Stomp cette année (avec les Dreadnoughts et leur polka-punkette).

The Herbaliser. Herbal Tonic (Ninja Tune).

Hannah Georgas. This Is Good (Hidden Pony): accrocheur comme ce n’est pas permis; une Vancouvéroise qui ne se gêne pas pour mêler le girl talk, les ballades et le pop rock. Non, elle ne fera pas la tournée des centres d’achats de Laval…

Hocus Pocus. 16 pièces (On And On).

L’Indice. Le bonheur (Indépendant): LE favori en cette fin d’année. Tellement que, près d’une semaine après le lancement au Patro Vys, il m’est encore impossible d’écrire ce fameux billet promis au Chef. Vincent Blain et son acolyte Navet Confit ont réalisé ensemble, minutieux chimistes qu’ils sont, une petite bombe dont les secousses mériteraient d’atteindre un plus vaste public. Parc de la verendrye 1 et 2 sont à couper le souffle, très cinématographiques, quasi-terrifiantes; écoutez par après Let the Right One In du cinéaste suédois Tomas Alfredson, et vous verrez…

Jimmy Hunt. Jimmy Hunt (Grosse Boîte): quand les deux O. sont unanimes, c’est déjà intrigant. Fondre pour Un pont de glace, est-ce que c’est exagéré ?

Kelley Stoltz. To Dreamers (Sub Pop): un artiste qui  profite du revival des années 1960 pour mieux le transcender avec une dynamique pop très 1990. Pour les oreilles sympathiques à la cause de Beck (Odelay, 1996) et de son homologue britannique Jim Noir (Tower of Love, 2005).

King Khan & BBQ Show. Invisible Girl (In The Red).

Magnum K.I. Magnum K.I. (Foul Tone): la vieille école se trouve à Winnipeg, on dirait. Jazzy à souhait.

Meta Gruau. Tendre et mauve (Indépendant).

Mount Kimbie. Crooks & Lovers (Hotflush).

Panache. Panache (Grosse Boîte): ou le retour de l’onomatopée. N’allez pas croire qu’ils sont maoïstes. Riverscuomoïstes, sûrement, mais pas maoïstes.

Radio Radio. Belmundo Regal (Bonsound): rendre Kenny G. alléchant = dur labeur bien accompli.

Sub Swara. Triggers (Low Motion).

Sunny Duval. Sein noir, sein blanc (Big Fat Truck): l’album boogie de l’année, point final bâton. Un panda a confirmé la chose.

Trillionaires. By Hook or by Crook (Sweatshop Union): projet parallèle de deux membres de Sweatshop Union, Metty the Dertmerchant et Evil Ebenezer. Accrocheur et incisif, comme seul Sweatshop sait le faire.

*Aurons-nous droit à un album/EP/bec dans le front de la part des Jolie Jumper, leur Ce que tu fais étant tout simplement la plus adorable des chansons ?

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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