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Oncle Lester

Rock de phalène: Scott Dunbar, homme orchestre.

Claudia Boutin
6 janvier 2011

Peut-être l’avez-vous déjà croisé sur la rue, armé de sa guitare ou de son accordéon, s’attaquant tantôt au répertoire de Michael Jackson, tantôt à celui des Stooges. Interpréter I Wanna Be Your Dog sur Saint-Laurent, par un après-midi d’été bien collant, c’est hors de l’ordinaire.  Le contexte du Festival Fringe s’y prête quand même bien, il est vrai. Mais bon…pour quelqu’un qui s’excite encore du fait que Funhouse ait été écarté de la liste des albums essentiels, selon le spécial punk du magazine Mojo, il y a de quoi être charmée quand on tombe sur le vidéo suivant

Arrivé depuis quelques temps dans la métropole montréalaise, l’homme orchestre originaire de Prince George en Colombie-Britannique a pondu un répertoire impressionnant de mélodies aux effluves folk et blues, et de textes épicés à la sauce ballado-punkette (vous m’excuserez le terrible mot-valise). Des tirades où coeur brisé et nostalgie se côtoient (Matching Mohawks, Amy M) , mais où corruption, surconsommation et identité nationale sont également mises à l’avant-plan (Black Puppet, The Canadian National Anthem). Parfois avec un sens de l’humour incisif et coquin, parfois avec une lucidité telle qu’elle émeut dans toute sa hargne.

I’m Dick Cheney est dans ce sens bien représentative du répertoire de Dunbar. Quasi-slameur par moments, il joue cette comptine tel un vieillard grattant ses cordes près d’un feu, incorporant bégaiements, fous rires et onomatopées.

We’re gonna put up a banner on the aircraft carrier

And as the dead soldiers’ wives dance and (ips, mots manquants)

We’ll say « Mission Accomplished ! »

‘Cause we’ll keep bombing Afghan mountains

All the way to the bank, the bank, the ba-ba-bank

(et un peu plus loin, alors qu’il se met dans la peau de sa tête de Turc, s’adressant à son ennemi, accent hip-hop en prime)

Watch me do a dance

Money, money, money, money, money (+10)

Yeah, sure glad I aint’ you

It’s all about the money, money, money, money, money (+10)

Do you like my dance ?

La traduction est maison et les marmonnements, nombreux, d’où l’absence de quelques mots dans les couplets mentionnés.  C’est un petit chenapan, ce Scott Dunbar: il est très discret sur le web et l’information à son sujet est difficile à trouver. Toutefois, les paroles de quelques chansons sont disponible ici, et ses Philosophies of a Moth (vol. 2 et 3) peuvent être achetés  sur itunes .

Et pourquoi jaser de tout cela, quatre mois après leur sortie? Hé bien, parce qu’il sera en concert le 18 janvier prochain au Divan orange, avec Steve Brockley et Cindy Doire. Ce sera également l’occasion rêvée pour les fétichistes et autres romantiques de  mettre la main sur ses pochettes bricolées à la main, faites de retailles de draps et de lainage, savamment cousues.

3 commentaires
  • [...] … il joue de l’accordéon ou de la guitare. (Sur cette photo, si je ne m’abuse, Eli Richards des Unsettlers l’accompagnait au tuba pour une chanson. Il est revenu avec le trombone quelques fois aussi.) Bloodshot Bill rencontre Bernard Adamus dans un steamboat sur le Mississippi, avec quand même une touche moderne aux mélodies et aux paroles (écoutez Tin Foil Hat pour la musique ou Matching Mohawks). Rapide regard dans l’assistance : toutes les filles sourient en battant des cils. (Non, pas moi, non. Coucou non plus.) [...]

  • Alexandre Turcotte
    22 janvier 2011

    Pas mal nice le show, hein?

  • Claudia Boutin
    22 janvier 2011

    pas pire, pas pire… ;)

Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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