BangBang : bangbangblog.com

Oncle Lester

Avant la bande de Josh Homme: The Dough Rollers

Claudia Boutin
28 mars 2011

Mon collègue du Blob vous en ayant déjà touché un mot, je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais me permet ce commentaire: j’ai la migraine du siècle aujourd’hui, et la version live de Walkin’ On the Sidewalk y est pour quelque chose; c’est que ça fait mal, avoir les yeux grands ouverts et la gueule souriante pendant plus de six minutes. Si No One Knows et Little Sister sont des succès agréables à chantonner en concert, c’est néanmoins cette chanson du premier album des Queens of the Stone Age qui m’a le plus impressionnée. Le quintette s’est réuni au centre de la scène, étirant la fin instrumentale pour le plus grand plaisir des fans, au parterre comme à la mezzanine. C’était hallucinant, énergique, quasi-atomique.

Entendons-nous: QOTSA n’a plus rien à prouver, Josh Homme et sa bande livrant toujours la marchandise; la salle comble d’hier en était la preuve. Aussi, quand la première partie s’est avérée une véritable surprise, c’était la cerise sur le sundae. Originaire de New York, le groupe The Dough Rollers est monté sur scène avec une aisance remarquable, beaucoup de charme et des costards vraiment chouettes, directement sortis des années 1950, un brin grungy. Du rockabilly ici, maintenant ? Oh que oui.

Les guitaristes Jack Byrne et Malcom Ford, dont les paternels sont de célèbres acteurs (je vous laisse deviner), sont actifs depuis quelques années, ayant produits deux albums où figurent reprises et compositions originales. Le public du Métropolis a eu droit à quelques pièces de leur dernier effort, Someday Baby, et, à mon grand plaisir, du Carl Perkins (Honey Don’t). Et eux aussi, ils ont livré la marchandise : des kicksteps dignes de Chuck Berry, une voix rauque à souhait (pensez à B.B. King qui aurait fumé deux paquets de gauloises toute sa vie, ça donne une idée), et juste assez de sonorités garages pour que ces adeptes de « vieille musique » soient au goût du jour. Someday Baby doit beaucoup au southern blues américain: côté guitare, Muddy Waters vient immédiatement en tête, suivi du minimalisme de John Lee Hooker. Les deux bluesmen ont d’ailleurs leur place sur l’album de Byrne et Ford, avec la pièce titre (attribuée à une pléthore de guitaristes, dont Bob Dylan avec qui ils ont tourné, et Muddy, mais aussi Mississippi Fred McDowell) et I’m Going Upstairs, où le style  de JLH est pastiché (on pense à Good Morning Little School Girl et ses premiers accords).

Une belle découverte et surtout, une pochette dépourvue d’informations concernant les auteurs-compositeurs. Tant mieux ! Le tout donne lieu à une écoute active et prolongée, où les chercheurs de trésors auront un sacré boulot (et un malin plaisir) à farfouiller le web en quête d’informations. The Dough Rollers y sont discrets…mais pas pour longtemps.

2 commentaires
  • Anne Laguë
    29 mars 2011

    OOOOooohhhh merci merci merci.

  • claudia
    31 mars 2011

    Tout le plaisir plaisir plaisir est pour moi !

Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

À propos

RUBRIQUES