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Oncle Lester

Frisco Freakin’: portrait modeste d’une Friscophile néophyte.

Claudia Boutin
20 juin 2011

Les fantômes de Dashiell Hammett, Jack Kerouac, Harvey Milk et Jerry Garcia peuvent le confirmer. Otis en a même fait une chanson après son passage au Festival Monterey Pop: il n’y a pas un endroit sur terre qui puisse se comparer à San Francisco. C’est le paradis des gourmands, incluant les soupes tonkinoises à la citronnelle, les fish tacos du Mission District, ou encore les vrais de vrais caffe latte de North Beach. San Francisco, c’est faire des squat en grimpant une pente interminable pour mieux la dévaler en longboard quelques mètres plus tard, Architecture, histoire, géographie: les quartiers de Frisco ont de quoi nourrir les esprits studieux et curieux pour un long moment. La scène musicale n’a rien à envier à ses consoeurs du nord (Seattle) et de l’est (Chicago): elle contient tout le pouvoir brut de la ville, consciente de son passé musical et bouillante d’énergie et d’ambition. La bonne nouvelle ? Ses musiciens sont sorteux…et ils s’amènent dans notre métropole dans les temps à venir. Petit aperçu d’Oakland, la Bay Area et SF.

La formation  Hunx and His Punx était de passage à la Sala Rosa en avril dernier.  Le groupe lançait un mois plus tôt l’album Too Young to Be in Love, à l’image de sa pochette : un mélange de pop à la sauce sixties et de rock-cuirette, où la voix nasillarde de Seth Bogart (Hunx) et la nonchalence de ses punx évoquent une version homo-érotique des Ramones…et rappellent The Ronettes et autres Shangri-Las. Le gros plus ? La présence de Shannon Shaw, punkette en chef du groupe de Bogart et leader de Shannon and The Clams (en première partie): une voix rauque et puissante dans la lignée des Karen O de ce monde, mieux maîtrisée que celle de Hunx. Shaw et ses palourdes ont lancé récemment Sleep Talk, un deuxième album studio plus raffiné que le précédent I Wanna Go Home, mais toujours hyper stimulant pour les fans de rockabilly et de rock de plage.

Si vous êtes dans le coin de Calgary ou Vancouver la semaine prochaine (sait-on), Hunx and His Punx s’y trouveront non seulement avec Shannon and The Clams, mais également avec Sonny & The Sunsets et The Sandwitches. Rien d’étonnant à ce que Sonny et sa bande soient membres de la famille Fat Possum: un peu à l’image de Wavves et son King of the Beach, leur Hit After Hit valse entre des sonorités surf (« Teen Age Thugs ») et un rock plus sombre (« The Bad Energy From LA Is Killing Me »). The Sandwitches risque de tomber dans vos cordes si vous avez un faible pour le dernier album de PJ Harvey: éclectique, passant par le celtique comme le low-fi. Le groupe porte bien son nom: ensorcelantes et tout en vibrato, les voix semblent provenir autant d’outre-tombe (« Heaviest Head in the West ») que des cieux (« Lightfoot », aérienne comme pas une).  Intéressés ? The Sandwitches sera au Divan orange le 26 juillet avec…Sonny & The Sunsets.

Été rime avec variété…et gratuité. C’est exactement ce qu’offre Antenna Farm Records avec la compilation We Are All Awesome. La maison de disque indépendante située près d’Oakland permet aux curieux et curieuses de découvrir les artistes de leur catalogue et de montrer de quel bois ils se rétrochauffent. Social Studies, Papercuts et The Botticellis y figurent, ainsi que le trio Agent Ribbons; leur album Chateau Crone, paru en octobre dernier, a rebondi dans mes oreilles bien après les fameux palmarès annuels, en bonne retardataire que je suis, et il est devenu un de mes favoris dans la cuvée post-2010. La compilation d’Antenna est disponible en téléchargement ici.

Qui dit été dit également 21 juin. Ce n’est pas tant le solstice qui m’intéresse que la sortie du nouvel album de Ty Segall. Après l’excellent Melted, Segall revient en force avec Goodbye Bread, quelques semaines seulement après le lancement de Ty Rex et de l’album Live in Aisle 5. Essouflé, le jeune homme ? Pas du tout. Il pète tellement le feu sur les extraits de GB (disponible en streaming ici) que j’ai bien hâte de voir sa binette ce mercredi…OUI, OUI ! VOUS AVEZ BIEN LU !

Après un concert complètement dément au Club Lambi en mars, le musicien foulera la scène du Il Motore dans le cadre du Suoni Per Il Popolo, en duo avec Sic Alps. Le trio san-franciscain a présenté en janvier dernier Napa Asylum, un album  qui  a sans aucun doute inspiré Segall pour la confection de Ty Rex, le EP étant plus expérimental que ses efforts précédents, mais en continuité avec le travail de ses potes de Sic. La soirée du 22 juin s’annonce très spéciale pour Tim Presley (The Nerve Agents, Darker My Love), en prestation deux fois plutôt qu’une avec The Strange Boys et  White Fence. Ce dernier projet de Presley a fourni, à ce jour, l’album ayant le plus stimulé ma curiosité durant cette première moitié d’année. Is Growing Faith est un amalgame brillant de tout ce qui se fait  (et s’est fait) à San Francisco. Pyschédélique ? Oui. Inventif ? Ça va de soi. Bizarroïde ? Sans aucun doute. Essentiel pour les fans des années 1960 et pour les amateurs de pop extraordinaire; je pense entre autres  à l’échantillonnage tel qu’utilisé par Grasscut qui, avec leur 1 Inch  /  1/2 Mile, avait crée une surprise similaire par chez nous. Un concert à ne pas manquer ! Les portes ouvrent à 20h30 et après…qui sait ?

Parlant White Fence et Ty Segall…

Une autre opportunité se présente à vous, lecteurs et lectrices affamés: le San-Franciscain (oui, encore!) Al Lover a réalisé il y a quelque temps Distored Reverbarations: Psychedelic Reinterpretations of Contemporary Rock’n'Roll. Le producteur californien déconstruit, cuisine, recoud et ré-enregistre les chansons de groupes de la scène garage et psychédélique actuelle. Dix morceaux complètement éclatés, et éclatés est ici un euphémisme, disponible en téléchargement gratuit ici.

Boooonne écoute !

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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