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Oncle Lester

Suoni-boogie: Purling Hiss, White Fence et The Strange Boys au Il Motore

Claudia Boutin
23 juin 2011

The Strange Boys: Amerrricanaaa !

Première constatation en entrant au Il Motore: changement à l’horaire.

Les membres de Sic Alps ont annulé leur prestation.

La jeune femme à l’entrée, partageant mon désarroi, ne connaît pas les raisons exactes. Quelque chose qui aurait rapport à Toronto, permis, passeport. Je ravale ma salive (Gulp !). « Donc, pas de Ty Segall, c’est ça ? ». Hochement de tête, regard grave: négatif. Quelques jurons plus tard, bière à la main, nous nous somme installées à quelques mètres de la scène, à l’écoute des premiers accords de Purling Hiss.

*** Oh ! le nous, c’est moi-même et une amie-Jeanette, toujours prête à m’accompagner à la dernière minute; nous la remercions pour son côté aventureux, alors qu’elle ne connaissait aucun des groupes présents.

Le mot d’ordre pour la soirée d’hier était sans aucun doute « garage », et s’il faut vraiment pousser dans l’allégorie « pièces de maison », Purling Hiss était plutôt du type sous-sol: relativement jeune, le groupe s’adonne à un rock qui doit plus au métal qu’au punk, où les solos de guitare se font lancinants et longuets. Rien de vraiment marquant. Quelques tentatives d’élans à la Reatards vers la fin, mais en somme une performance plutôt hermétique. À peine quelques mots adressés à la salle, un décompte des chansons qui leur restaient à jouer (« We’ve got a couple more songs », « Three left », « This is our last one ») et un désir palpable de déguerpir au plus vite. Ce serait toutefois injuste de les blâmer pour cette carence d’énergie: loin d’être comble, la salle était composée d’un public plutôt distrait et impatient de voir Tim Presley et les Strange Boys ; dur d’ouvrir pour tout ce beau monde et sans Sic Alps, leurs compagnons de tournée pour les temps à venir.

Quand White Fence s’est amené sur scène, alors là, ça s’est mis à chauffer. Tranquillement, mais sûrement. Le groupe a expliqué que des circonstances exceptionnelles étaient la cause de changements au niveau des musiciens:  bassiste et batteur n’en étaient qu’à leur deuxième représentation avec WF. Ça ne les a pas empêché de performer comme des champions tout au long des quelques quarante minutes qu’a duré le concert, alors qu’ils ont échangé leur instrument respectif le temps d’une chanson. Jouant de dos lors de ses solos, les hanches dandinantes, Tim Presley a prouvé qu’il a fait ses classes côté sixties et rock psychédélique, intégrant parfois l’énergie punk dont il est capable de faire preuve (jouer avec The Fall, quand même !). Un chef d’orchestre exemplaire,  à l’écoute du public et de ses blagues et attentionné envers ses acolytes, les dirigeant minutieusement. Minuscule bémol, et il fallait s’y attendre, format live obligeant:  le côté bizarroïde de Is Growing Faith (2011) a été mis de côté, donc pas de bidouillage à la « The Mexican Twins/Life Is…Too $hort ». Quelques chansons de White Fence (2010)ont été jouées, mais le groupe s’est davantage concentré sur leur plus récent album , notamment avec la pièce-titre et « Sticky Fruitman Has Faith ». Inutile de préciser que la gent féminine s’est mise à danser très tôt et que cette dernière chanson a été le climax pour se laisser aller à un dandinement déchaîné. «Thanks for coming  and dancing, really», a-t-on pu entendre.

Après de chaleureux remerciements et une pensée pour leurs acolytes absents, White Fence a laissé place aux Strange Boys. Incapable de voir si Tim Presley a joint le groupe à la guitare: zoup ! le plancher de danse a été envahi en un rien de temps et je ne pouvais qu’entrevoir la bouille de Ryan Symbol. À la guitare et à l’harmonica, le jeune chanteur impressionne un brin: sa voix, quelque part entre celle de Bob Dylan et de Caleb Folowill (Kings of Leon…oui, oui), traverse avec une puissance et une aisance les genres explorés par le quatuor (du country au rockabilly en passant par le punk rock).  Vendue d’avance, étais-je: en bon supporter, Symbol avait revêtu un chandail de Shannon and The Clams. Brava ! Le groupe originaire d’Austin  a interprété la majorité des pièces de son deuxième album, Be Brave,  dont la chanson-titre, un pur délice/délire qui a causé bien des émois dans la salle. La danse du pogo, ça vous dit quelque chose ?

J’ai mal aux pieds ce matin…cet après-midi. Je ne m’imagine pas si Ty Segall s’était présenté. Peut-être que mes chaussures auraient fondu et mes chaussettes, brûlé.

Un commentaire
  • Éric Dumais
    28 juin 2011

    J’ai presque eu une larme à l’oeil en lisant ces lignes. Ma pauvre Claudia, ma très pauvre Claudia, quelle histoire…

Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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