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Oncle Lester

Lovecraft et Fantasia: une combinaison gagnante

Claudia Boutin
27 juillet 2011

Quelques mots sur la projection de The Whisperer in Darkness qui avait lieu hier, au Théâtre Hall. Produit par la HP Lovecraft Historical Society, le film relate les aventures du professeur Albert Wilmarth alors qu’il se rend au Vermont pour enquêter sur l’existence de créatures extra-terrestres. Tiraillé entre sa fascination pour les légendes folkloriques et son refus de croire en leur véracité, Wilmarth voit ses (chambranlantes) certitudes rabrouées alors qu’il se frotte aux ambitions de conspirateurs machiavéliques et autres bibittes cosmiques.

Présenté devant une salle comble, impatiente de voir porté à l’écran à nouveau une histoire du mythique auteur américain, le premier long-métrage de Sean Branney mérite toutes les fleurs qui lui sont lancées. Les férus trouveront leur compte dans The Whisperer, alors le réalisateur jongle habilement avec la science-fiction, le gothique et la fiction policière, quoique Wilmarth, à première vue, n’a rien de Sherlock Holmes ou Sam Spade; impossible de ne pas sourire devant la naïveté du professeur (également narrateur) devant le rire grinçant du fermier/crabe masqué Akeley. L’écriture lovecraftienne est empreinte d’une angoisse palpable quant à la place de l’homme dans le cosmos, ainsi que son impuissance en tant qu’être solitaire devant des forces obscures. Dans sa correspondance personnelle, Lovecraft affirme que l’émotion la plus poignante est non seulement l’émerveillement face à l’inconnu, mais également la fascination et la terreur qu’il suscite. Branney réussi avec brio à intégrer des éléments grotesques (expériences scientifiques) et violents (le meurtre et le suicide) à son film, sans toutefois se rapprocher des frissons occasionnés par la lecture des romans de Lovecraft. The Whisperer in Darkness est un excellent divertissement par et pour les fans et qui donne lieu à de nombreux éclats de rire, tel qu’un bon film de série B peut le faire. Les néophytes seront peut-être déroutés, pour le meilleur ou pour le pire, devant cette inside joke savamment orchestrée.

Pour la chair de poule, c’est sur papier que ça se passe. Pour passer du bon temps et cogner du coude vos potes de book club ou de réunions cinéphiliques, le film de Branney est là pour vous. Un bel hommage aux années trente, quarante et même cinquante.

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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