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Oncle Lester

Imelda May et les Hellbound Hepcats à L’Astral: yowza !

Claudia Boutin
3 août 2011

Imelda May était de passage à l’Astral hier soir, dans le cadre des soirées Jazz à l’année du FIJM. Les montréalais Hellbound Hepcats assuraient la première partie. Comment c’était? Bof. Rien de grandiose, on a à peine tapé du pied…

Mouah-ha-ha ! I’m a sneaky freak, tel que le chante la belle diva irlandaise !

C’était toute une soirée !  Si la file contournant le bâtiment au coin Ste-Catherine et Bleury laissait d’abord croire que seul un public plus mature (poivre et sel, c’est insultant ou pas ?) serait de la partie, tout a changé avant les premières notes des Hellbound. Des rockabill’ jeunes et moins jeunes se sont fondus dans une foule éclectique et très énergique, prête à taper des mains et jiver sur quelques chansons. À 20h05, il faisait déjà chaud dans la salle. Smokin’ hot que c’était.

Les zazous sortis de l’enfer (traduction littérale de HH) ont démarré en trombe avec  Onion Song, la première pièce de leur album; les sceptiques ont été conquis sur-le-champ. Le trio a joué pendant près de quarante-cinq minutes à un rythme effréné et a offert au public de L’Astral plusieurs favorites, d’Only Man en passant par  Brand New Forty-Five et Hellbound Hepcats; cette dernière a été l’occasion d’une belle interaction de style chanson à répondre entre les musiciens et la salle. Le clou de la soirée, et de l’album selon mon avis: Pyronecrophiliac d’une durée de trois minutes et quinze secondes, qui débute comme un slow à la Sleepwalk pour ensuite se transformer en une petite bombe psychobilly. Il aurait été plaisant d’entendre Werewolf également en format live, juste pour le plaisir de voir Alexander Brown exécuter les grognements de loups et autres « beep-beep yeah yeah» qui figurent sur l’album. Ce sera pour une prochaine fois.

Et le moment arriva où Imelda May est apparue sur scène, splendide de la tête aux pieds: son célèbre toupet y était, de même qu’une magnifique robe à motifs de chauve-souris, des têtes de morts au cou et aux poignets, ainsi que des escarpins d’une hauteur à faire frémir la plus vertigineuse des giraffes (!). Elle est plutôt sérieuse, Mme May: ses interventions sont brèves, son accent dublinois est tranchant comme une lame de rasoir et la chanteuse ne se gêne pas pour faire taire la foule (parfois) bien excitée. Lorsqu’elle chante, c’est une toute autre histoire. Elle a un malin plaisir à se faire vamp sur des rythmes plus jazz ou coquins (All For You, Big Bad Handsome Man) et à se déhancher sur les rythmes plus rockabilly (Mayhem, Tainted Love). Armé de son bodhran, la diva a interprété Johnny Got a Boom Boom au plus grand plaisir des fans de la première heure. Rapide, la version album ? Non, ce n’est rien comparé à ce qu’en a fait Imelda May hier soir: rutilante, tout comme sa reprise de Train Kept A Rollin’ de Johnny Burnette (j’ai fait un arrêt cardiaque en dansant) et son medley Presley. «The King has entered the building», a-t-elle crié. «The Queen is already inside», avions-nous le goût de lui répondre.

May et son groupe sont des jongleurs habiles, explorant plusieurs genres musicaux, du gospel au rock and roll en passant par des ballades plus traditionnelles, telle que la magnifique Kentish Town Waltz. Si tout s’accomplit dans la rigueur, le plaisir prend le dessus très vite chez les musiciens, tous excellents. À la guitare, Darrel Higham (le coeur sucréde madame) est digne d’un Cochran ou d’un Gene Vincent, tandis que le batteur Rushton s’amuse comme un fou et que le trompettiste Priseman ne met pas en sourdine son énergie contagieuse. Sa trompette, oui. Son beat, jamais. Le contre-bassiste Al Gare a des doigts de fée et en l’ayant vu jouer comme un déchaîné, je me demande si le tricot ne lui siérait pas…et hop, un chandail en moins de cinq minutes c’est moi qui vous le dis !

Après un rappel et quelques remerciements en français, Imelda May a promis de revenir faire un tour à Montréal dans un futur imminent. Il le faut, car Montréal a un sérieux boom boom pour elle.

Les Hellbound Hepcats n’arrêtent jamais de miauler ! Ils seront en concert ce jeudi 4 août (demain) au Petit Campus pour une soirée Stomp Records, avec The Hypnophonics et The Nailheads.

SUGGESTION LECTURE

Parue chez Voyageur Press en mai dernier, Rockabilly: The Twang  Heard ‘Round the World ! est une superbe anthologie de la musique rockabilly. Les huit chapitres sont consacrés à des sujets aussi divers que les débuts de Sun Records et de son fab four (Orbison, Perkins, Lewis, Cash), les répercussions du mouvement au Japon et en Europe ainsi qu’à la renaissance du mouvement et à sa rencontre avec le punk vers la fin des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt. Beaucoup de photos rarissimes comprenant affiches, pochettes d’album et memorabilia (jupes, écussons aimantés, etc).  Le montréalais Craig Morrison (auteur de Go Cat Go !) fait parti des nombreux collaborateurs qui ont participé à l’élaboration de l’ouvrage. Loin d’être un simple livre de table à café, The Twang est une petite bible/biblette conçue autant pour les amateurs que pour les curieux. Avec une page consacrée à Imelda May, impossible de résister !

***Si quelqu’un sait comment avoir accès au vidéoclip d’Only Man des Hepcats, manifestez-vous dans la section commentaires. Merci !

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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