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Oncle Lester

Fantasia 2011: en attendant la 16e édition…

Claudia Boutin
9 août 2011

La quinzième édition de Fantasia s’est terminée hier soir, après trois semaines de cinéma complètement délirantes. Essouflée ? Un petit peu. Satisfaite ? Oh.que.oui.

Je lève mon bonnet aux programmateurs du festival qui ont mis de l’avant des produits à saveur locale, encore une fois. Outre le Fantastique week-end du court métrage québécois, l’hommage aux artistes et dirigeants de Cinepix et le prix du public « Meilleur documentaire » remis à Frédérick Maheux pour Art/Crime (il n’y a pas juste Filière 13 qui soit matière à débat), Fantasia a souligné l’excellence et la grandeur de notre cinémathèque lors de l’événement gala The Phantom of the Opera. La copie 35mm du film de Rupert Julian était en parfait état, tel que promis, et la partition créée spécialement pour l’occasion (après quelques années de gestation) par le maestro Gabriel Thibodeau furent un véritable délice pour les yeux et les oreilles. La barre était  très haute compte tenu du succès obtenu avec la projection de Metropolis l’an dernier à la Salle Wilfrid-Pelletier, et je dois avouer que The Phantom m’a tout autant plu.

Tout d’abord parce qu’il était présenté au Théâtre Maisonneuve, une salle à l’ambiance plus intime et qui a permis une plus grande proximité entre le public et l’orchestre, ainsi qu’avec Gerda Findeisen, la soliste interprétant les numéros chantés par les personnages féminins du film de Julian. Au balcon comme au parterre, tous ont pu s’émerveiller devant les trente musiciens battant la mesure au rythme du corps des acteurs. Un moment fort cocasse et d’une délicieuse synchronie: apercevoir Gabriel Thibodeau diriger ses acolytes de la même façon que le fait le chef d’orchestre à l’écran, devant Christine et les ballerines. Mise en abyme réussie !

Qui dit proximité dit également accessibilité. Pour un public moins familier avec le cinéma muet et ses curiosités (un jeu d’acteur plus près de la simagrée, les écarts entre intertitres et réactions des personnages, image sautillante, etc), les quatre-vingt-treize minutes de Phantom of the Opera étaient moins difficiles à encaisser que les cent quarante-cinq que durait le Metropolis restauré de Fritz Lang. Le film de Julian ne veillit peut-être pas aussi gracieusement que l’on aurait pu l’espérer, mais les décors de l’Opéra de Paris conçus par Ben Carré sont toujours aussi impressionnants, de même que le maquillage et la performance de l’acteur Lon Chaney. Il faut voir son personnage vêtu des atours de la Faucheuse, tout en rouge; Poe aurait été fier. On est loin du fantôme tel qu’imaginé par Joel Schumacher…désolée Gerard, t’es peut-être bien sexy mais on repassera pour les chansons.

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La remise des prix a également eu lieu hier soir, au Théâtre Hall de l’Université Concordia. Vous pouvez consulter la liste complète des récipiendaires sur le site web du festival. Big up pour Detention de Joseph Khan, qui a remporté le prix L’Écran Fantastique, ainsi que le prix (bien mérité !) Guru pour le film le plus énergique. Un slasher absolument étourdissant, truffé de références aux grands classiques de l’horreur, de la science-fiction, au brat pack de John Hughes, et qui aborde de façon irrévérencieuse la nostalgie d’une nouvelle génération envers les années 1990. Si vous avez déjà écouté Musique Plus entre 1992 et 1999 ou si vous étiez une carte de mode à l’époque, la bande sonore et les costumes vous feront mourir !

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Ce n’est pas parce que le festival fait la sieste jusqu’à l’an prochain qu’il dort paisiblement. Son sommeil est agité et vous pourrez bientôt voir sur les écrans montréalais quelques films ayant figuré au sein de sa programmation. Outre Red State de Kevin Smith (octobre) et Don’t Be Afraid of the Dark (26 août) de Troy Nixey, on retrouve entre autres :

- The Devil’s Double, de Lee Tamahori. L’acteur britannique Dominic Cooper (délectable dans Tamara Drewe de Stephen Frears) tient le rôle d’Uday Hussein et celui d’un soldat forcé à devenir son double.  À l’affiche dès le 12 août.

- Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame, de Tsui Hark. GROS succès durant le festival. Pensez Sherlock Holmes et Chine impériale en version kiss-kiss bang-bang. Septembre 2011.

- L’éprouvant et très musclé Bellflower d’Evan Globell (ici co-scénariste, coproducteur et acteur) est dans mes favoris cette année. Élu par le public de Fantasia comme meilleur film européen ou américain (prix « Argent », ex aecquo avec Burke and Hare de John Landis), le film de Globell fait son petit bout de chemin au box-office américain. Ai-je halluciné une date de sortie prochaine ? il me semblait avoir crié «Victoire !» il y a quelques jours…

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Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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