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Oncle Lester

Le 16 septembre, ou une journée rétro dans le parc

Claudia Boutin
16 septembre 2011

Selon les prévisions locales d’aujourd’hui, la température devrait frôler les 10 degrés. Plutôt frisquet. C’est le temps de calfeutrer vos fenêtres et de mettre un rôti au four, pensez-vous ?

Pat’encore.

De midi à 22h, le parc Pigeon Hole sera le théâtre d’une journée rétro comprenant voitures lustrées, performance artistique, ainsi que musique rockabilly livrée par de dévoués d.j. L’entrée est gratuite; vous pourrez même vous faire pomponner en pin-up, assiette de barbecue en main. Tout ce qu’il vous faut, c’est une p’tite laine pour endurer la fraîche.

Et…

Il y aura une projection du film American Graffiti de Georges « Star Wars » Lucas en fin de soirée. Ça se loue, ça se télécharge, ça s’achète en magasin, mais le voir en formule ciné-parc (un vrai parc en plus) est une occasion en or pour se familiariser avec ce film culte des années 1970. Lucas présente les aventures d’une bande de copains fraîchement gradués en 1962, et qui s’apprête à passer une folle nuit avant un départ pour l’université. On peut y apercevoir un jeune Harrison Ford en cowboy, Richard Dreyfuss pré-Dents de la mer, et Ron Howard avant qu’il ne passe de l’autre côté de la caméra. Réalisé en 1973, American Graffiti arrive après les jukebox movies et les films des Beatles et juste avant les délires de Ken Russell (Tommy, 1975) et d’Alan Parker (The Wall, 1982), tous réalisés à partir d’oeuvres musicales célèbres…bref, si vous trippez musique, les fils vont se toucher durant le visionnement; la bande sonore est musclée, mais musclée ! Ayant grandi sur la musique rock ‘n’ roll des années 1950 et 1960,  Lucas a écrit son scénario aux côtés d’un juke-box, choisissant méticuleusement chaque chanson durant le processus d’écriture. Des quatre-vingt qu’il avait sélectionnées,  quarante-et-une se retrouvent dans la version finale; en 110 minutes, sans qu’aucune ne soit répétée, c’est toute une virée musicale !  Le résultat: une tonne de références extra-filmiques à se mettre sous la dent, ainsi qu’une pléthore de musical puns à pointer lors de futurs visionnements. Un moment délicieux: Curt (le personnage de Dreyfuss) croise une mystérieuse blonde durant la soirée, et tente de rejoindre son disc-jokey favori pour lui faire une demande spéciale. Il retontit à la station de radio et rencontre le fameux d.j….joué par nul autre que Wolfman Jack. Le vrai. Et dont la voix apparaît après les Almost Grown, Green Onions et autres Barbara Anne sur la bande sonore.

Une édition spéciale d’American Graffiti est parue en mai dernier; le documentaire The Making of American Graffiti et les entrevues valent le détour du côté des extras.

Rendez-vous sur Notre-Dame Ouest dès midi. Les informations sont disponibles ici. Bonne musique, bonne frette, bon film !

I don’t run around with no mob, got myself a little job, I’m gonna buy me a little car, drive my girl in the park…

*****

Un petit peu de lecture pour les curieux

The Sounds of Commerce de l’américain Jeff Smith est un ouvrage théorique qui porte sur le rôle de la musique populaire au cinéma, d’un point de vue commercial, artistique et historique. Un chapitre complet est consacré aux compilations des années 1960 et au film de Lucas. Une lecture accessible à tous, absorbante du début jusqu’à la fin.

Pas encore de commentaire.

Oncle Lester

Claudia Boutin

À la fois nulle part et partout: un blogue loin des montres et des calendriers.

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